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UNITE DU TEXTE ET MULTIPLICITE DES LECTURES (Les oasis égyptiennes extra-urbaines : la nécropole des Bajawat)
Les textes du folklore se caractérisent par leur plasticité, ce sont des textes ouvert...
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Issue 44
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UNITE DU TEXTE ET MULTIPLICITE DES LECTURES (Les oasis égyptiennes extra-urbaines : la nécropole des Bajawat)
Issue 44

Les textes du folklore se caractérisent par leur plasticité, ce sont des textes ouverts sur la relecture et la retraduction des symboles dont ils sont porteurs. C’est cette plasticité qui a permis de traverser les frontières aussi bien historiques, géographiques que religieuses. En Egypte les nécropoles pharaoniques dans les oasis extra-urbaines ont servi de refuges aux chrétiens qui fuyaient les persécutions des Romains, en Palestine, et qui s’y étaient installés, loin des habitants qui étaient restés fidèles à l’ancienne religion égyptienne. Le christianisme s’était fondé depuis son apparition et jusqu’au Ve siècle sur l’Ancien Testament, réinterprété d’un point de vue chrétien, comme en témoigne le Sanctuaire d’Al Khourouj (littéralement : la sortie – la délivrance) dont toutes les peintures sont inspirées de ce Livre Saint. Au Ve siècle, l’art chrétien s’est orienté vers le symbolisme, donnant une place centrale aux symboles liés à la flore, à la faune et à la géométrie, comme on peut le voir au Sanctuaire de la Paix, au Sanctuaire de la Vigne et dans l’église Basilique.

Cette étude tente de répondre aux questions suivantes :

1) Pour quelles raisons l’artiste a-t-il puisé la plupart des scènes du  Sanctuaire d’Al Khourouj dans l’Ancien Testament, laissant de côté le Nouveau Testament ?

2) Comment l’artiste a-t-il réussi à relier ces récits et à les rassembler dans la thématique générale de la délivrance ? D’où a-t-il tiré cette représentation de la délivrance (ou "sortie") ?

3) Quels sont les symboles coptes dans le Sanctuaire 25, le Sanctuaire de la Vigne et quelques autres Sanctuaires ?

4) Quels sont les caractères architecturaux de l’ancienne église copte ?

5) Quels sont les rapports entre l’art copte et les arts populaires égyptiens ?

L’étude tente de répondre à ces questions à partir d’une analyse historique des légendes et des symboles. Il est nécessaire à cet égard de mettre l’accent sur l’historicité et la teneur légendaire ou mythique des symboles utilisés dans les Sanctuaires.

L’étude part de l’hypothèse que les notions de délivrance, de paix, d’éternité, de profusion dans les peintures de la nécropole copte d’Al Bajawat ont pris une nouvelle signification différant de celle que l’on trouve dans les récits de l’Ancien et du Nouveau Testaments, mais qui reste liée à la pensée de l’Egypte ancienne, aux vieilles civilisations du Proche-Orient et à la culture populaire égyptienne.

 

Souad Al Saïd

Egypte