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Issue 41
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LE RÔLE DU FOLKLORE POPULAIRE DANS L’EVOLUTION DU PATRIMOINE CULTUREL CHEZ LES TRIBUS AMOUHAGUES
Issue 41

Dr. Nassima Kribaa

G.U. Abdelhafidh Boussouf

Milla (Algérie)

 

Cette étude porte sur le patrimoine oral dans le Grand Sahara qu’il appartient aujourd’hui à l’ensemble des médias et des institutions officielles, locales et internationales, de mettre en valeur, tant au plan de l’information que de l’histoire ou de la culture. Cet héritage est la propriété de l’humanité tout entière, la recherche et les enquêtes sur le terrain constituant à cet égard une tâche des plus urgentes pour en révéler graduellement les richesses, tant historiques qu’esthétiques ou folkloriques. Il s’agit en effet d’un legs dont la profonde signification a réuni les hommes sur de longues périodes en rapport direct  avec l’évolution de la vie sur terre.

Le Sahraoui est, de son côté, appelé à promouvoir son patrimoine et à en faire un objet d’étude, en multipliant les initiatives, notamment à travers le développement du tourisme culturel qui est devenu si important dans un monde où la mondialisation et l’acculturation ont changé le cours de l’histoire.

Les chiffres et les autres indicateurs, notamment statistiques, disponibles dans les Centres de recherches montrent que le Sahara fournit une part importante des ressources matérielles relevant du patrimoine universel. C’est ce qui incite à l’optimisme car le désert algérien apparaît aujourd’hui comme une importante réserve de culture populaire dans ce pays. Le développement du tourisme intérieur est, d’ailleurs, pour les citoyens algériens, entre autres, un moyen de découvrir, à travers la musique populaire, un grand nombre de structures mélodiques, telles qu’al imzad, at-tanaddi, at-siouan, qui nous renvoient, chacune, à telle ou telle région du Sahara. D’autres genres de musique relevant de la culture populaire sahraouie sont également porteurs d’un legs spécifique au sud de ce pays.

Cet immense héritage culturel avec ses multiples formes musicales populaires constitue, nul doute, l’un des attraits que peut offrir le Sahara algérien, tant au niveau du tourisme local qu’international. Cette activité représente aujourd’hui un important levier pour le développement culturel, social et économique de cette partie du territoire algérien, mais aussi pour la revivification des cultures populaires authentiques de la région du Sahel africain, laquelle est devenue pour les visiteurs en provenance de nombreux pays un pôle touristique important. Beaucoup sont en effet avides de découvrir l’univers des ‘’hommes bleus’’ dont l’habit, les chants populaires dans toute leur variété, les mœurs fondées sur la générosité, les arts du cheval, la résistance aux épreuves ont ébloui le monde et ouvert de vastes perspectives au tourisme, à la méditation sur les merveilles de la nature, à la passion pour l’univers de la musique populaire.

L’étude aboutit à un ensemble de recommandations propres à conférer un nouvel élan au tourisme dans le Grand sud algérien :

  1. Œuvrer au service d’une nouvelle prise de conscience arabe et africaine, sur les deux plans officiel et populaire, afin de restaurer et de faire resplendir l’image du Sahara dans la conscience des hommes, de manière à renforcer et à approfondir l’intérêt pour cette région du monde.
  2. Elaborer une politique et une stratégie afro-arabes unifiées et flexibles pour développer le Sahara en prenant en compte les échanges et la permanente interaction historique, démographique et culturelle entre la partie arabe et la partie africaine qui en ont fait un seul et même espace de développement.
  3. Encourager les études universitaires sur le grand Sahara, notamment celles consacrées à la redécouverte des données historiques de la culture et de la civilisation de cette région afin de développer une vision prospective de ce désert face aux mutations planétaires et à l’évolution de la situation internationale. Ces études doivent porter sur la culture et l’anthropologie des populations sahraouies afin que s’établisse la meilleure relation entre ces hommes et le développement le plus exemplaire de leur région, et que soit rationalisé le rapport entre les habitants du Sahara.
  4. Œuvrer à la création de centres de recherche en anthropologie culturelle et de départements universitaires consacrés à la culture populaire qui permettent de prendre en charge l’héritage culturel disséminé dans cet immense espace (collecte, enquête statistique, classification, puis étude).