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Issue 41
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AL ZAJERA ET LES SYSTEMES TRADITIONNELS D’IRRIGATION A BAHREIN
Issue 41

Hussein Mohammed Hussein

 

L’irrigation est liée, depuis les temps les plus anciens, à différents arts du chant  en rapport avec le travail de la terre. Ces arts ont évolué pour donner une poésie de belle facture connue sous le nom de mawwel. Certains chercheurs estiment que cet art est apparu et s’est pleinement affirmé au cours du IIe siècle de l’Hégire, dans la ville de Wasset, en Irak, avant d’évoluer parmi les agriculteurs de cette ville, et plus particulièrement ceux d’entre eux qui  avaient coutume de chanter cette poésie lorsqu’ils grimpaient en haut du palmier ou aménageaient les rigoles. Cette évolution s’est poursuivie jusqu’à nos jours.

A Bahreïn, c’est autour de ce mode d’irrigation appelé al zajera  que le mawwel a pris son véritable essor, l’aménagement des rigoles s’étant accompagné de chants spécifiques, tous structurés sur la même prosodie traditionnelle du mawwel. Il semble que ce soit là la seule forme de poésie chantée qui soit restée à Bahreïn de cet art ancien de la zajera.

Nous savons que les travailleurs de la terre utilisaient dans ce pays divers instruments d’irrigation dont la forme variait selon l’étendue de l’espace cultivé et le type de puits où l’eau était puisée. Les techniques d’irrigation avec le recours à ces différents instruments ont fini par produire une culture et un important patrimoine de chants populaires qui ne se limitèrent pas à Bahreïn ou à la seule  région du Golfe mais passèrent à d’autres pays arabes, tels que l’Egypte et le Soudan, et fécondèrent d’autres cultures liées au travail de la terre et à l’irrigation.

Cet héritage culturel populaire du Bahreïn et du Golfe arabe n’est pas sorti du néant, il s’inscrit dans le prolongement du mawwel populaire, ces chants constituant autant de variations sur ce genre poétique qui n’avait cessé de se développer depuis qu’il a vu le jour, deux siècles après la hîjra du  Prophète, à Wasset au milieu des rigoles.