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Issue 40
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‘’L’AJUSTEMENT’’ : SA NATURE, SA SIGNIFICATION ET SES REFERENTS DANS LE DOMAINE MUSICAL Une explication des normes musicales et sociologiques de la performance ajustée au public
Issue 40

Kassim Béji

Tunis

 

Parler d’’’ajustement’’ concernant la performance des instruments de musique avec tout ce que le mot peut signifier c’est parler des nombreux effets qu’une telle action peut avoir dans la pratique. Le véritable ‘’ajustement’’ tel qu’il se manifeste lors de la performance matérialise un certain nombre d’idées et de gestes en accord avec le sens et les finalités instrumentales recherchées. L’idée qui prévaut chez la majorité des chercheurs et des musiciens est que la performance des instruments occidentaux dans la plupart des musiques, excepté le système tonal, ne représente rien de plus qu’une opération d’ajustement, si bien qu’une telle opération est devenue une aspiration célébrée par la performance instrumentale à travers ses diverses approches et dimensions techniques et artistiques.

La performance musicale arabe obéit à la nécessité de s’adapter aux particularités sociologiques du discours musical en termes de perception des finalités mélodiques (une musique connotant la mélancolie ; une musique suscitant la détente et l’ouverture sur l’avenir chez l’auditeur ordinaire…). L’on pourrait en fin de compte considérer le processus d’exécution instrumentale comme la formulation d’une suite de concepts relatifs à des sons adaptés de diverses sources d’inspiration musicale perçues et exploitées sur le champ. Ici, la question est liée à la capacité d’intellection qui se manifeste lors de la réponse sensorielle induite par des facteurs psychologiques où interviennent le climat, le goût personnel, l’environnement audiovisuel, tous éléments qui concourent à transformer le sensible en palpable à partir d’une action en rapport avec la performance elle-même. Citons ici, à titre d’exemple, les innovations instrumentales qui introduisent des modifications au niveau des spécificités musicales : celles-ci tirent leurs mécanismes et lexiques d’ajustement instrumental d’une culture interne puisée dans le cadre de représentation imaginaire résultant d’une conjonction gestuelle et artistique subsumant l’indice iconique au milieu de significations puisées dans la perception sensible et intellectuelle qui commence à l’étape du jardin d’enfants.

Ce que nous avons globalement noté, au cours de cette expérience, en partant des gestes d’application pour arriver à la nature de la performance qui permet la réalisation du processus d’exécution, c’est l’apparition de quantité  d’éléments clairement raciaux qui mettent en évidence le rôle du milieu et du climat, lesquels contribuent conjointement à la performance instrumentale. C’est ce qu’on appelle « l’écologie culturelle » qui intervient parallèlement à « l’apprentissage par l’observation » car on y voit que l’exécution de la performance instrumentale correspond à une quasi-perpétuelle modification du niveau de comportement de l’apprenant. L’exécutant a besoin de renfort pour que sa performance incline à une sensation de plaisir et de progressive disparition de la douleur. La qualité de l’exécution évolue en fonction de facteurs liés à la formation, à la maturation et au développement comportemental. La conjugaison de ces facteurs contribue à l’actualisation de l’indice iconique dans l’intervalle entre les différentes étapes. Cela se traduit par un changement affectant de temps à autre le style et les spécificités de la performance sur des bases virtuelles qui déterminent l’approche stylistique propre à chaque exécutant au niveau des particularités de l’expression et de la rhétorique qu’il adopte dans le discours musical exécuté.

Nous en arrivons, au terme de cette étude, à la conclusion que le référent en matière de performance instrumentale se résume à la conjugaison de nombreux facteurs qui ont contribué à l’exécution instrumentale de la mélodie arabe sur des bases techniques ainsi que sur la profonde connaissance du patrimoine musical arabe. C’est l’interaction des bases techniques et du savoir musical qui crée ce que les musiciens appellent ‘’l’empreinte’’ de l’exécutant, c’est-à-dire le style personnel à travers lequel on perçoit les fondements de l’identité de l’exécutant. Quelle que soit la fonction dévolue au renouveau musical les spécificités de l’environnement audiovisuel se manifestent clairement, si importantes que soient par ailleurs les différences au plan de l’expression. Il en découle que l’’’ajustement’’ obéit à un référent social qui part de l’éducation et de l’enseignement et finit par toucher à l’identité intellectuelle telle qu’elle est traduite musicalement à travers les signifiés stylistiques du système arabe du maqam qui diffère partiellement d’un exécutant à l’autre selon les capacités individuelles qui définissent les règles et les bases techniques et sociologiques et qui sont de nature à consacrer la pérennité de la culture, en ce qu’elle induit une multiplicité de goûts personnels. C’est là, selon l’auteur, un résultat par lequel la performance instrumentale a contribué à concrétiser l’action culturelle à travers la grande diversité des goûts chez la grande masse des récepteurs.