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Issue 39
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LA MODERNISATION DE L’ARTISANAT TRADITIONNEL ETUDE DE CERTAINES FORMES DE CHANGEMENT L’exemple du travail du cuivre dans la ville marocaine de Fès
Issue 39

Youssef Boutaoun

Doctorant en sociologie

Université Hassan II. Casablanca. Maroc.

L’auteur passe en revue les changements qui ont affecté l’artisanat traditionnel et en particulier le travail du cuivre. Il tente de mettre en lumière les principales évolutions socio-économiques et professionnelles qui ont conduit à la modernisation de ces métiers, faisant perdre au travail du cuivre sa spécificité en tant qu’artisanat traditionnel. Ce métier n’a pas en effet réussi à résister face aux produits importés de l’étranger dont la qualité est indéniable et les prix bas.

L’étude menée sur le terrain montre que le travail du cuivre a été envahi par les normes capitalistes, telle que la libre production, et de nouveaux principes comme le gain facile que permettent la rapidité de fabrication et la baisse des coûts. Nombreux sont en effet les artisans qui ont fait l’acquisition de machines modernes qu’ils ont intégrées au cycle de la production, laissant péricliter les outils traditionnels. C’est sur la base de ce constat que l’auteur a examiné les différents changements qui ont affecté les systèmes traditionnels autour desquels s’organisait l’artisanat du cuivre en essayant de comprendre la raison de ces évolutions ainsi que les problèmes qui entravent les métiers traditionnels.

Les principaux changements observés, en ce qui concerne le métier du cuivre, et qui sont la conséquence prévisible du renouvellement et de la mécanisation  de ce secteur, ont fait perdre à cet artisanat son caractère traditionnel et cette spécificité culturelle et sociale que la profession a reçue en héritage. Les évolutions et changements profonds que le monde, en général, et le Maroc, en particulier, ont connus – « le Maroc étant une société en transition dont les structures traditionnelles ont été ébranlées par les processus de modernisation apparus à tous les niveaux. » (Aarab, 2002, 183) –, ont fortement pesé sur le métier du cuivre afin qu’il s’adapte et réponde aux exigences de l’époque. En d’autres termes, ce métier était appelé à ne pas se refermer sur lui-même et devenir une sorte de musée témoignant des us et coutumes d’un temps révolu, mais, au contraire, à s’inscrire de façon intelligente dans la dynamique de l’époque en conciliant « ces deux tendances : l’authenticité et la modernité » (Amira, 2007, 51).